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<title>Glorieuses Années</title>
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<subtitle>Chroniques de la vie d'enfants d'ouvriers, à la campagne, dans les années 1960-1970, pendant les &amp;quot;30 glorieuses&amp;quot;</subtitle>
<updated>2026-05-12T10:53:42+02:00</updated>
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<name>Fournier</name>
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<title>Soeur piqûre</title>
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<updated>2021-02-05T17:53:22+01:00</updated>
<published>2021-02-05T17:46:00+01:00</published>
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<summary>  Tous les ans, à l'approche de l'hiver, nous tombions souvent malades ;...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Tous les ans, à l'approche de l'hiver, nous tombions souvent malades ; quand un virus arrivait, il se transmettait facilement au sein de notre famille nombreuse. Dès que l'un de nous était fiévreux et toussait, le médecin prescrivait systématiquement, en plus du traitement par voie oral, une série d'injections intra-musculaires, c'est-à-dire des piqûres dans les fesses, avec une seringue ! Le virus nous alitait, mais notre fièvre augmentait en flèche quand on apprenait qu'on n'échapperait pas à la seringue ! &lt;br /&gt;La préposée aux piqûres était la Sœur Anne, qui travaillait dans le dispensaire du village : nous la connaissions bien, puisque hélas, mes parents faisaient souvent appel à ses services. Dès qu'on entendait sa 2 Cv se garer devant chez nous, on commençait à transpirer à grosses gouttes sur notre lit de douleurs et d'angoisses ! &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Caché sous nos draps, dans notre chambre, on entendait la Sœur déballer sa trousse médicale et en sortir une boîte métallique en fer blanc contenant une monstrueuse seringue. Consciencieusement, elle vissait une énorme aiguille sur cette seringue et la remplissait ensuite du liquide censé nous guérir ! Une fois ces préliminaires terminés,&amp;nbsp; elle prenait l'escalier pour accéder à notre chambre : chaque marche qu'elle montait nous rappelait le bourreau qui emmène un condamné à l'échafaud ! Puis le supplice commençait. La Sœur nous demandait de nous allonger sur le ventre et de baisser légèrement notre slip : on était alors complètement tétanisé et on claquait encore plus des fesses que des dents ! Elle passait alors sur la fesse choisie un coton d'alcool à 90 °, dont le froid nous tétanisait. Elle nous demandait alors de tousser (pour nous décontracter !), et soudain, en plein milieu d'une toux crispée, elle nous plantait l'aiguille dans la fesse. Nous tentions alors de pousser un cri pendant que la Sœur s'attaquait à la deuxième phase de son œuvre diabolique, qui consistait à visser la seringue sur l'aiguille plantée en pleine fesse. Une fois l'aiguille amarrée à la seringue,&amp;nbsp; un cri encore plus fort tentait alors de sortir de notre gorge pendant que la Sœur nous injectait l'infâme liquide ! Puis elle retirait enfin l'aiguille en nous tapotant la fesse meurtrie avec le coton d'alcool.&lt;br /&gt;A bout de force et hagards, nous entendions alors la Sœur nous dire, en nous tapotant la fesse : &quot;très bien, bonne nuit ... et à demain !&quot;.&lt;br /&gt;Le traitement était efficace et au bout d'une semaine de piqûres, nous étions en pleine forme, mais avions les fesses tellement meurtries que nous ne pouvions plus nous allonger sur le dos pendant un mois !&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<name>Fournier</name>
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<title>La communion solennelle</title>
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<updated>2021-02-05T17:47:54+01:00</updated>
<published>2009-04-14T17:28:00+02:00</published>
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<summary>    L'entrée en sixième marquait aussi l'année de notre communion solennelle....</summary>
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&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;L'entrée en sixième marquait aussi l'année de notre communion solennelle. Je me souvenais bien des communions précédentes de mes trois frère et sœurs, qui avaient toujours lieu au mois de juin, mois de l'été qui arrivait, synonyme de grandes vacances. Au-delà de l'aspect religieux, la communion solennelle marquait vraiment une étape pour nous : elle symbolisait notre entrée dans l'adolescence, accompagnée des cadeaux qu'on nous faisait pour l'occasion. Il nous fallait attendre en effet la communion solennelle pour avoir sa première montre, sa première gourmette, et aussi, sa première chaîne au cou.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Cette journée festive était préparée, pendant deux &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;semaines, au sein même de notre collège, avec tous les enfants concernés et un prêtre qui nous encadrait. Cette préparation, appelée la &quot;retraite&quot;, était attendue impatiemment par les enfants, car nous n'assistions plus aux cours pendant ces quinze jours, afin de nous consacrer à notre communion. Nous étions dans des locaux annexes à ceux de notre collège, et nous passions notre journée à chanter, accompagnés par le prêtre à la guitare, à faire des randonnées pédestres ou des veillées : l'ambiance était très bon enfant, et les élèves étaient ravis de pouvoir échapper aux cours pendant ces deux semaines bénies !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Nous nous entraînions aussi, dans l'église, à nous déplacer correctement, avec, l'avant-dernier jour, l'essayage de nos aubes. La mienne était un peu courte et usée, puisqu'elle avait déjà été utilisée par mon frère et mes deux sœurs, mais elle convenait pour la cérémonie et les photos qui s'ensuivaient.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Le repas, après la cérémonie, était l'occasion, pour toute la famille réunie, de se retrouver au restaurant, ce qui n'arrivait quasiment jamais.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Je garde un souvenir heureux de ces moments-là, où oncles, tantes, neveux, nièces, grands-pères, grands-mères et petits-enfants se côtoyaient dans un joyeux brouhaha, au milieu des rires et des chants, dans la grande salle du restaurant : elle s'ouvrait sur un jardin ombragé où les enfants jouaient, salissant leur belle tenue de cérémonie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<name>Fournier</name>
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<title>Le grand-père</title>
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<updated>2021-02-05T17:47:54+01:00</updated>
<published>2009-04-01T11:32:00+02:00</published>
<category term="Grand-père" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>    Avec nos parents, nous allions voir de temps en temps notre grand-père,...</summary>
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&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Avec nos parents, nous allions voir de temps en temps notre grand-père, qui habitait un petit village, à environ une dizaine de kilomètres de chez nous. Comme mes parents n’avaient pas de voiture, nous partions tous en vélo. Je m’asseyais à l’avant de son vélo de mon père, et mon frère s’asseyait sur le porte-bagages. Ma mère et mes deux sœurs faisaient la route avec leur propre vélo. Aller chez notre grand-père était toujours un moment excitant pour nous, car il tenait l’épicerie du village&amp;nbsp;; même si les boites de pâté qu’il vendait étaient parfois un peu avariées (les habitants ne vivaient pas très vieux dans la village&amp;nbsp;!), nous ne pouvions nous empêcher d’aller discrètement dans &amp;nbsp;sa boutique pour plonger à pleines mains dans ses bocaux de bonbons, guimauves et autres carambars. S’il nous surprenait, il nous flanquait un coup de casquette sur la tête en grommelant&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&quot;J'vas te foutre un coup d'gâpette, dediou !&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Le soir, au dîner, nous mangions … du pâté en boite ! (pas de soucis pour nous, on était vacciné depuis des années). En fin de repas, le grand-père nous jouait parfois un petit air d'accordéon, la seule richesse qu'il possédait : il avait appris à en jouer dans les tranchées, pendant la Grande Guerre (1914-1918), avec ses pauvres copains de galère, ouvriers ou paysans, chair à canon des généraux de l'époque.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<name>Fournier</name>
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<title>La croix Vitafor</title>
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<updated>2021-02-05T17:47:54+01:00</updated>
<published>2007-09-25T09:00:00+02:00</published>
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<summary>    Tous les ans, pendant les vacances d'été, &quot;Ouest France&quot;, le journal...</summary>
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&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Tous les ans, pendant les vacances d'été, &quot;Ouest France&quot;, le journal quotidien de tout l'Ouest de la France, organisait un grand jeu concours dont le premier prix était une somme d'au moins dix millions d'anciens francs, soit l'équivalent de quinze mille euros aujourd'hui. Cette somme était très importante pour l'époque et nous passions toutes nos vacances d'été à essayer de résoudre les énigmes quotidiennes proposées par le journal. L'énigme du jour était en dernière page du quotidien et nous prenions soin, tous les jours, de la découper pour la ranger dans un classeur, avec toutes les énigmes précédentes : il s'agissait souvent d'une photo insolite d'un objet qu'il fallait découvrir. A la fin de l'été, quand le grand bulletin-réponse était édité par le journal, toute la famille se rassemblait et reprenait les énigmes une à une pour remplir le bulletin-réponse. Les discussions allaient bon train, car nous n'étions pas toujours d'accord sur le choix des réponses à donner : après des heures de palabres étalées sur plusieurs soirées, nous avions enfin rempli entièrement le bulletin réponse, sans oublier la question subsidiaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Et puis un jour, cette belle harmonie démocratique a été rompue par l'arrivée d'une nouvelle venue : la croix Vitafor. Ma mère avait acheté cette croix par correspondance, à la suite d'une publicité qu'elle avait vue dans un journal et qui vantait les mérites de cette belle croix pendentif : joie, bonheur, santé et chance étaient assurés à celui qui la porterait. Comme mon père semblait disposer d'un vrai fluide magnétique (il lui arrivait de trouver une source avec une montre pendentif),&amp;nbsp; il avait décidé de passer toutes les énigmes sous la croix Vitafor, qu'il tenait une bout de sa chaîne, comme un pendule. Pour chaque énigme posée, il passait la croix au-dessus de chacune des quatre ou cinq réponses proposées : si la croix se mettait à tourner au dessus d'une réponse, c'est qu'elle était la bonne. Malgré notre scepticisme sur les réponses apportées par la croix, mes parents remplirent le bulletin-réponse en fonction de celle-ci &amp;nbsp;….&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Cette année-là, nous n'avons rien gagné, pas même un petit lot de consolation que nous arrivions parfois à décrocher, les années précédentes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;La croix Vitafor a terminé sa vie dans une petite boîte enfermée dans une armoire, d'où elle n'est jamais ressortie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Le curé d'Ars</title>
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<updated>2021-02-05T17:47:54+01:00</updated>
<published>2007-09-12T15:15:00+02:00</published>
<category term="Curé" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>    Dans notre village coexistaient deux types d'écoles : l'école laïque et...</summary>
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&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Dans notre village coexistaient deux types d'écoles : l'école laïque et l'école libre. Nous avons passé notre scolarité (jusqu'en 3 &lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt;) au collège St Joseph, qui, selon mes parents, avait une bien meilleure réputation que l'école laïque d'à côté. Nous avions donc un enseignement religieux donné à&amp;nbsp; l'école par l'abbé du village, qui nous rendait visite une fois par semaine. J'appréciais la visite de l'abbé, car sa venue nous permettait d'oublier un peu les problèmes de fuite de robinet et autre analyse grammaticale. De plus, le sympathique abbé était d'une grande gentillesse et son enseignement se limitait en fait à nous raconter de pieuses histoires : il avait une façon si captivante de les raconter que son assistance, faite d'enfants de 10/11 ans, restait attentionnée jusqu'à la fin. Ainsi, l'histoire du curé d'Ars nous avait-elle marquée, quand il nous parlait du combat de ce pauvre petit curé de campagne contre le diable, qui venait déchirer ses rideaux en pleine nuit, au milieu de bruits effrayants : un habitant du village, qui s'était caché dans son grenier avec un fusil, en était même ressorti mort de peur ! Par trois ou quatre fois, le curé a voulu quitter le village, mais les habitants l'ont retenu. J'étais effrayé par cette histoire,&amp;nbsp;qui m'a fait penser par la suite au film&amp;nbsp;&quot;l'exorciste&quot; et j'ai passé quelques mauvaises nuits, blotti sous mes couverture, à me boucher les oreilles pour ne pas entendre de bruits suspects dans la maison.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Le Mont Saint Michel</title>
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<updated>2021-02-05T17:47:54+01:00</updated>
<published>2007-09-05T16:05:00+02:00</published>
<category term="Mont Saint Michel" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>     Quand l’été arrivait, mes parents aimaient s’octroyer une journée de...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Quand l’été arrivait, mes parents aimaient s’octroyer une journée de détente, en famille, au Mont Saint Michel. La distance à parcourir était d’environ 200 km et nous nous levions de bonne heure pour pouvoir profiter pleinement de la journée. Ma mère préparait les sandwichs et les boissons pour toute la famille et les enfermait dans une énorme glacière. Le voyage se faisait sans encombre, par les routes départementales. Nous arrivions en milieu de matinée et pouvions ainsi grimper les marches du Mont. Nous avions du mal à nous frayer un chemin dans la foule&amp;nbsp;: nous touchions des yeux les souvenirs étalés aux devantures des magasins, mais le moment le plus difficile était sans doute l’arrêt devant le restaurant &amp;nbsp;&quot;La Mère Poulard&quot;, avec ses fumets d'omelettes baveuses qui venaient titiller nos narines : évidemment, les tarifs prohibitifs nous interdisaient toute incursion dans ce restaurant.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Après la visite du Mont, nous repartions en voiture pour passer l'après-midi sur une des plages alentour. Une fois sur place, nous commencions par déjeuner car le voyage et l'escapade au Mont Saint Michel nous avaient ouvert l'appétit : nous mangions nos sandwichs assis en tailleur, sur nos serviettes. Venaient ensuite la baignade pour les plus grands et les jeux dans le sable pour les plus petits : nos parents, quant à eux, restaient sur la plage, allongés sur leur serviette. Mon père gardait son pantalon, même sur la plage, car il supportait difficilement l'ardeur du soleil.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Ainsi s'écoulait la journée où nous faisions le plein d'iode … et de coups de soleil !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Le retour à la maison, en soirée, était beaucoup plus pénible que l'aller : nous ne pouvions en effet pas prendre de douche avant de quitter la plage et tout le trajet retour se faisait, serrés à sept dans la voiture, en nous grattant les fesses et le dos, avec la peau plus ou moins brûlée par le beau soleil du mois d'août.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Nous arrivions chez nous dans la nuit, épuisés mais heureux de cette belle journée passée au soleil avec nos parents.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<name>Fournier</name>
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<title>Le docteur L.</title>
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<updated>2021-02-05T17:47:54+01:00</updated>
<published>2007-08-27T14:10:00+02:00</published>
<category term="Docteur" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary>    Souvent à la campagne, à cette époque, les familles restaient fidèles à...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Souvent à la campagne, à cette époque, les familles restaient fidèles à leur médecin. C'était le cas de mes parents, qui ont toujours fait appel au même médecin, le docteur L.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Le docteur L. était l'archétype du médecin de campagne, travailleur infatigable ne comptant pas ses heures, respecté de ses clients. A force d'aller dans les foyers des mères de famille, il s'octroyait quelques libertés par rapport à celles-ci, en les appelant par leur prénom ou en les prenant par le cou. Ce médecin aux mains un peu baladeuses était une &quot;grande gueule&quot;, assez adroit pour s'être fait élire maire du village. Comme il se doit, son épouse s'occupait des bonnes oeuvres, notamment de villages pauvres d'Afrique, ce qui permettait au médecin malin de faire quelques escapades africaines, pour la bonne cause, bien sûr.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Hélas, ce médecin &quot;à l'ancienne&quot; avait de nombreuses lacunes et ses diagnostics étaient parfois incertains, car il était sûr de sa science et n'était pas du genre à se remettre en cause.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Ainsi, il ne put détecter le cancer de l'utérus dont ma mère souffrait depuis plusieurs mois : elle dut se faire opérer en urgence et est décédée après 6 mois d'atroces souffrances.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;Le brave médecin est parti couler une retraite paisible sur la côte d'Azur, visiblement sans remords par rapport à sa façon d'exercer la médecine : l'argent gagné par ce notable a sans doute été gage de son honorabilité.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<name>Fournier</name>
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<title>Albert et l'Indochine</title>
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<updated>2021-02-05T17:47:54+01:00</updated>
<published>2007-08-03T16:20:00+02:00</published>
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<summary>    Je me souviens de mon grand-père qui, ayant fait la guerre 14-18, était...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Je me souviens de mon grand-père qui, ayant fait la guerre 14-18, était mort 50 ans plus tard dans son lit : ses dernières paroles furent pour ses copains de tranchée qui n'avaient pas eu la chance de s'en sortir. Il avait dû y penser toute sa vie et le traumatisme était intact à la veille de sa mort. Nos belles guerres, préparées et même mitonnées par nos généraux et nos politiciens, ont transformé des générations de braves types en traumatisés de la vie.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Dans mon village, nous avions quelques anciens combattants qui avaient &quot;fait l'Indochine&quot;, comme ils disaient. Albert était l'un deux : il ne travaillait plus car il devait être pensionné de guerre. Il passait son temps à boire des bières dans la bar-tabac tenu par sa femme, mais aussi chez les épouses de ses copains, quand ils étaient au travail. Malgré les litres de bière qu'il buvait tous les jours, Albert était maigre et sec, comme si le houblon le desséchait. Les rares fois où il parlait de l'Indochine devant moi, en triturant sa Gitane maïs de ses doigts jaunis, ses yeux se couvraient d'un voile de larmes qu'il retenait. Je me souviens de phrases comme &quot;tu en tuais un, il en revenait dix ....&quot; dites entre deux gorgées de bière, et d'autres beaucoup plus dures sur les atrocités de cette guerre.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Albert est mort dans l'indifférence générale, comme tous ses copains d'Indochine et d'Algérie, avec ses souvenirs que lui-seul pouvait comprendre : sans doute a-t'il été décoré à titre posthume, par un galonné d'opérette.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<name>Fournier</name>
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<title>Jeteur de sorts</title>
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<published>2007-07-27T15:40:00+02:00</published>
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<summary>    Toute mon enfance en Mayenne a été bercée entre la crainte des jeteurs de...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Toute mon enfance en Mayenne a été bercée entre la crainte des jeteurs de sorts et le respect des guérisseurs, qui exerçaient leurs &quot;activités&quot; parallèlement à la médecine traditionnelle, en mêlant savoir ésotérique ou religieux, avec une bonne dose de mystères. Personne, bien sûr, ne se vantait d'être jeteur de sorts, car ce pouvoir maléfique faisait fuir les gens, mais les habitants des villages connaissaient parfaitement les pouvoirs de telle ou telle personne et évitaient d'entrer en conflit avec elle. Ce pouvoir mystérieux était d'origine paysanne : au 19 eme siècle, le travail de la terre était dure et la jalousie entre paysans voisins souvent féroce. Il arrivait que, suite à une brouille entre agriculeurs, l'un deux fasse appel au jeteur de sorts pour rendre stérile le troupeau de vaches du voisin, voire pour les faire périr. Mon père connaissait beaucoup d'histoires de ce genre, que lui même avait entendues de la bouche de son père. Ainsi, l'histoire de ce jeteur de sorts, qui lors d'une dispute sur le marché d'un village, dit à son&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;contradicteur qu'il ne quitterait pas son lit (ni ses toilettes ...) pendant une semaine : le pauvre homme fut victime d'une diarrhée pendant plusieurs jours et faillit en mourir : seule l'intervention d'un guérisseur &quot;plus fort&quot; que le jeteur de sorts le sauva.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Je ne fus pas personnellement témoin d'un cas de sort jeté à quelqu'un, mais il y avait un membre de notre famille dont mes parents se méfiaient énormément : il s'agissait de &quot;Tonton Marcel&quot;, beau-frère de mes parents. Le personnage était impressionnant : malgré son pied bot qui le faisait boiter, il était d'une force herculéenne et pouvait, pour s'amuser, vous broyer le main en vous fixant droit dans les yeux. Il n'aimait pas les animaux et si mon chat avait le malheur de passer près de lui, il le prenait par la queue et lui faisait faire un bond de 10 mètres ! Mon père avait un petit élevage de pigeons mais les oeufs pondus et couvés ne donnaient jamais de poussins : il soupçonnait mon oncle, qui élevait des pigeons lui aussi, de jeter régulièrement des sorts à ses pigeons, par jalousie. Nous n'avons bien sûr jamais eu la preuve formelle de ses méfaits, car il y avait un non-dit absolu à ce sujet.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Quand nous avons grandi et dû passer nos premiers examens scolaires (Brevet, Bac etc ...), nos parents ne dévoilaient jamais les dates des examens devant l'oncle ... par prudence.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<name>Fournier</name>
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<title>Pied brûlé</title>
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<published>2007-07-23T17:10:00+02:00</published>
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<summary>   Le jeudi, jour de repos des écoliers, nous aimions, mon frère et moi, nous...</summary>
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&lt;p lang=&quot;fr-FR&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Le jeudi, jour de repos des écoliers, nous aimions, mon frère et moi, nous ballader dans notre terrain de jeux favori de l'époque : le champ de détritus dans lequel était déversé toutes les ordures ménagères du village. C'était une ancienne carrière à ciel ouvert. On y trouvait de tout : vieux meubles, jouets cassés, vêtements usagés, nourriture avariée, poules, rats, chats, chiens etc ... bref un bric à brac incroyable, dans une odeur peu ragoûtante. Nous avions décidé, un jeudi après-midi du mois de mai, d'aller faire un tour dans ce dépotoir, pour récupérer des poussins, qui naissaient régulièrement là-bas. Il faisait très chaud et des fumées s'échappaient des tas de bois qui avaient brûlé pendant plusieurs jours. Nous marchions tranquillement dans la pente quand tout à coup, mon frère, devant moi, se mit à hurler en se couchant à terre : il venait de poser le pied dans un tas de braises brûlantes, cachées sous des branchages. Tout en criant sa douleur, il ôta sa &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;chaussure et sa&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; chaussette et resta allongé au sol, entouré des braises fumantes. Je ne pouvais rien faire pour l'aider, car le danger était partout. De plus, mon frère était en équilibre instable et risquait à tout moment de dévaler la pente, au milieu des braises et de la ferraille. Heureusement, un ouvrier venu décharger son camion, nous aperçut et vint immédiatement porter secours à mon frère. Il réussit à l'extirper de son piège et nous ramena immédiatement chez nos parents. Ma mère, affolée en voyant mon frère hurler, vit venir le médecin, qui constata la brûlure au 3eme degré ! Hélas, il ne pouvait rien faire pour calmer la douleur. Mon père, qui avait été mis au courant de notre mésaventure et voyant la douleur de mon frère, partit chercher le garde-barrières du village : quand il arriva à la maison, il s'assit immédiatement aux pieds de mon frère, qui ne cessait d'hurler. Il se concentra en silence, pendant plusieurs minutes, en passant régulièrement sa main à quelques centimètres du pied brûlé. Tout à coup, mon frère cessa ses pleurs et les cloques qui couvraient sa plante de pied, se vidèrent de leur liquide : la brûlure était stoppé net. Mon frère guérit de cette méchante brûlure sans aucune cicatrice ni séquelle.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Cet épisode de ma vie me marqua car je fus témoin d'un cas de guérison de brûlure devant laquelle la médecine traditionnelle ne pouvait rien faire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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